
n 1988, Afrique contemporaine publie un numéro spécial sur les « Afriques en l’an 2000 [1] ». L’horizon du deuxième millénaire en est la clé de voûte mais un bon nombre d’articles prend comme point de fuite l’année 2010. Quatre ans après, en 1992, la revue consacre un dossier spécial à « Trente années d’Afrique ». La relecture de ces différents articles prospectifs et rétrospectifs nous permet aujourd’hui de comprendre les biais des analyses, les erreurs et les justesses des anticipations à mi-parcours des cinquante ans d’indépendance. Nous constatons que plusieurs prévisionnistes et futurologues de l’époque anticipent certaines ruptures car ils extrapolent les tendances passées pour comprendre le futur. Il ne faut pas écarter une idée forte de l’époque?: l’afro-pessimisme domine à cause de particularités sociales et culturelles de l’Afrique. Il prend une part importante aux débats par ce que Malthus nomme les «?trois Parques mortelles?»?: guerre, famine et épidémie face à un non-contrôle de la fécondité.