
Par Audrey Diwan
Physiquement, je ne l'approchais pas. Le soir, comme un rituel, je m'allongeais près de lui, le temps qu'il plonge dans ce pays qui ne m'appartenait pas. J'avais pris goût à son sommeil, j'aimais écouter son souffle se briser comme une vague contre les murs de ma chambre. J'aimais attendre, allongée à côté de lui, que son esprit m'échappe et qu'il devienne inoffensif et faible. Le portrait d'une femme pas comme les autres qui, à l'aube de la soixantaine, décide de s'acheter un jeune homme pour un an.