Par nic diamant
Takam Tikou témoigne de l’histoire, de l’évolution des livres et des bibliothèques : tout un mouvement que la revue a accompagné… Pendant ces vingt ans, le paysage du livre pour enfants et des bibliothèques dans ces pays a changé et continue de le faire, suivant un développement aussi discret que remarquable, un chemin assez extraordinaire malgré les nombreux obstacles de tout ordre et des contextes souvent très difficiles. Si la majorité des jeunes n’ont toujours pas accès au livre et beaucoup reste bien évidemment à faire, des réseaux de bibliothèques, des Centres nationaux de lecture publique, des bibliothèques associatives se sont créés (qui ont eu un rôle important pour l’essor d’une édition)), leurs fonds de livres sont mieux adaptés, des professionnels se sont formés. Des auteurs, des illustrateurs, des littératures très riches ont vu le jour, des maisons d’édition, de co-éditions, des chemins pour la circulation des livres entre les pays et vers la France. De très nombreux partenariats « décentralisées » avec la France ont surgi, et des associations professionnelles d’illustrateurs, bibliothécaires, éditeurs, libraires ont commencé à s’instaurer. Aujourd’hui, ce Takam Tikou se fait l’écho d’une édition qui vit avec moins d’aides et gagne en audace et créativité ; de nouvelles bibliothèques, des libraires qui vendent des livres pour enfants venant de différents pays, des sites pour la promotion du livre… L’aventure continue… Par Viviana Quiñones Au début, la revue s’appelait « Le Bulletin de La Joie par les livres ». Un nom que personne à La Joie par les livres ne trouvait bon sauf les rédactrices. Pour nous, il disait bien qu’il s’agissait d’une publication de liaison, et il contribuait à faire connaître l’institution à l’étranger. Puis,elle eut à partir du numéro 4, en 1994, un nouveau nom qui, lui, plaisait et surtout, interrogeait : « Takam Tikou ». Comme Takam Tikou, « j’ai deviné ! », titre d’un livre de poèmes (NEI, 1997) de l’écrivain sénégalaise pour enfants Fatou Ndiaye Sow, qui nous a très gentiment permis de nous l’approprier… Ou « Taqamtiku », pour dire « c’est très bon, j’en reveux » quand on a goûté à un mets délicieux. Des mots wolof qui suggèrent donc le goût, la saveur des mots, le jeu des sonorités… Ce plaisir de la lecture et de l’écrit, toujours renouvelé, toujours à partager… En fin de comptes, c’est « La Joie par les livres » dans une autre langue. Exactement.