
Par Commission de l'Ocean Indien
L’Indianocéanie: plus qu’une géographie, une identité A la Commission de l’océan Indien (COI), un leitmotiv résonne comme une profession de foi et anime chacune de nos actions : « l’Indianocéanie est le socle et le tremplin de notre devenir ». C’est donc tout naturellement qu’il est devenu le thème du colloque scientifique, le premier du genre, que nous avons organisé les 6 et 7 juin 2013 à Mahébourg (Maurice), un lieu symbolique chargé de l’histoire régionale. La forte mobilisation d’universitaires et professionnels de la région a montré, s’il en était besoin, combien il est pertinent de questionner ce que nous sommes et plus encore ce que nous ambitionnons de devenir. Le mot-clé de ce colloque, et qui irrigue l’ensemble des communications ici réunies, est sans conteste « Indianocéanie ». Ce terme qui se diffuse dans les médias, voire dans le discours des décideurs politiques, est en passe d’être approprié par nos populations. C’est du moins l’objectif que nous nous sommes fixé car l’utilisation d’un mot est fortement porteuse de symboles. Ce faisant, nous nous signifions à nous-mêmes d’abord, et au vaste monde ensuite. L’Indianocéanie n’est pas un concept nouveau. S’il est apparu pour la première fois en 1961 dans « Les Cahiers littéraires de l’océan Indien », ce terme a tardé ensuite à s’imposer comme facteur d’identification des îles du sud-ouest de l’océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice, La Réunion, Seychelles). La Commission de l’océan Indien entend aujourd’hui s’appuyer sur cette indianocéanité reconnue et valorisée pour promouvoir l’intégration régionale. En effet, le développement d’une forte identité culturelle constitue une condition sine qua non de la construction de l’espace indianocéanique. Les objectifs scientifiques du colloque de Mahébourg, en juin 2013, étaient de mieux définir la singularité de l’Indianocéanie dans un monde en mouvement et de contribuer à son processus de reconnaissance identitaire et patrimoniale pour l’aider à mieux appréhender les clés de son développement. La participation à cet évènement de spécialistes de la région et l’implication de représentants des mondes politique, économique et culturel ont permis, non pas d’apporter une réponse uniforme à ces questions complexes, mais de dégager une vision de notre appartenance commune à l’Indianocéanie qui constitue le socle et le tremplin de l’intégration régionale.