
Par Pascal Rabaté
Petrograd, février 1917. Le vent de la tourmente révolutionnaire mêle son souffle aux bourrasques de l'hiver russe. Les temps sont troubles. Siméon Nevzorov survit dans une chambre misérable mais garde espoir en l'avenir : une gitane lui a prédit la richesse et des aventures extraordinaires. Car il est sous le signe d'Ibicus, le crâne qui parle... Ibicus raconte l'ascension d'un aventurier cynique et sans scrupules dans les limbes de la Russie soviétique. L'histoire est adaptée d'un roman d'Alexis Tolstoï : Ibicus, découvert par l'auteur au hasard de ses déambulations dans une brocante. Pascal Rabaté, fortement inspiré par les peintres expressionnistes, mais aussi par Goya ou Le Greco, s'est attelé à une vaste fresque épique en quatre volumes. Son trait déforme et tord les personnages, tandis que son dessin au lavis plonge le lecteur dans une atmosphère irréelle, entre lumière et crépuscule, entre rêve et réalité... La deuxième partie, Ibicus. 2, a reçu l'Alph-Art du meilleur album au Festival d'Angoulême 2000. --Gilbert Jacques Je serais riche un jour, elle me l'a prédit ! Depuis qu'une tsigane a lu la fortune dans les lignes de sa main, Siméon Ivanovitch Nevzorov est impatient ! Il usurpe le titre d'un aristocrate déchu, ramasse tout ce qui brille au milieu des cendres de la Sainte Russie, et adopte le mode de vie d'un dandy. Il croit enfin avoir atteint le but ultime quand, croyant faire une bonne affaire, il rachète le domaine d'un comte en exil. Mais le souffle de la Révolution le rattrape et écroule comme un château de cartes son beau palais et ses rêves de richesse ! A son tour Siméon est jeté sur les routes et marche dans la steppe au milieu des champs de bataille ! La fortune promise viendra-t-elle de la guerre ? Alph-Art du Meilleur Album de l'année au Festival d'Angoulême 2000. Une gitane a prédit la fortune à Siméon Ivanovitch Nevzorov: "quand le monde s'écroulera dans le feu et dans le sang, quand la guerre rentrera dans les maisons, quand le frère tuera le frère, toi tu deviendras riche". Dans ce deuxième tome, Ibicus continue de conduire aux sommets un Siméon toujours aussi traître et amoral pour le précipiter dans le vide tout de suite après. Dans cette BD Rabaté propose une vision inspirée du roman d'Alexis N. Tolstoï entre cauchemar flou et expressionnisme. LA DEDICACE DE L'AUTEUR : Zoé sort enfin après dix ans passés en prison... Cette libération a lieu quelques jours après le décès de sa grand-mère, la seule famille qui lui restait... Cette dernière lui lègue une maison dans un petit village tranquille a priori idéal pour refaire sa vie... Mais les habitants ne sont pas vraiment enchantés de voir débarquer cette étrangère, et une sensation de malaise persiste partout sur son passage... (Christophe Chabouté) Comment, dans la Russie de 1917 où ça crache et ça mitraille, Siméon Nevzorof, comptable diaphane, a si bien pu tirer les marrons du feu ?... Comment, si médiocre, a-t-il réussi à passer avant, après et toujours à côté des événements ? Et surtout comment un tel homme de vent se traîne-t-il une ombre si grande ?... C'est qu'il est sous le signe d'Ibicus. Mais attention, Ibicus le crâne parlant est facétieux, et même voilée une roue tourne.